Name: Argaz H

Biodeserts supervisor: Brito JC

Co-supervisor: Soumia Fahd

Title: Herpétofaune endémique du Maroc: biogéographie, modèles écologiques et influence du changement climatique

Institution: University of Abdelmalek Essaâdi, Morocco

Status: Completed

 

Abstract

 

Le Maroc est l'un des pays les plus riches de tout le Paléarctique Occidental en termes d’herpétofaune. Ce sont en effet pas moins de 112 espèces d’amphibiens et de reptiles qui constituent l’herpétofaune de ce pays, dont 28 sont endémiques. Le taux d’endémisme au Maroc est actuellement de 25 %. Le plus fort endémisme est représenté chez la famille des Scincidae (38 %) au sein laquelle, le genre Chalcides bat le record avec 15 espèces dont 9 sont des endémiques.

Une carte de distribution actualisée a été élaborée pour chaque espèce. Deux nouvelles familles ont été ajoutées à la liste taxonomique des espèces d’amphibiens et de reptiles endémiques du Maroc ainsi que l’apparition d’un nouveau genre: Barbarophryne. Trois principaux patterns de répartition, sensu, superficie occupée et nombre de localités ont été identifiés : 1/ large (Discoglossus scovazzi, Timon tangitanus et Chalcides polylepis) ; 2/ ponctuelle (Uromastyx occidentalis et Chalcides ebneri) et, 3/ Le reste des espèces montrent une répartition restreinte. Trois patterns de répartition, sensu région occupée, ont été identifiés 1/ montagnard, 2/ atlantique et, 3/ sud marocain. Les zones qui se sont avéré héberger le plus d’espèces endémiques se situent au niveau de la péninsule Tingitane, la côte atlantique, le massif rifain (parties occidentale et centrale) et le Haut et Moyen atlas.

L'identification des zones riches en espèces et de leur turnover pronostiqué sous l’effet du changement climatique, est cruciale pour la conservation des taxons endémiques. Des modèles de distribution d’espèces (SDM) ont été élaborés pour 21 reptiles endémiques afin d’estimer la richesse spécifique à une résolution de 1 x 1 km et projetés aux années 2050 et 2080, selon les lignes d’histoires distinctes et les modèles de circulation générale, en supposant illimitée et nulle la capacité de dispersion. Des modèles additifs généralisés ont ensuite été élaborés combinant la richesse spécifique et les caractéristiques géographiques des AP. SDM ont mis en évidence les précipitations comme étant le facteur le plus corrélé avec la répartition actuelle des espèces.

Dans le futur, des réductions importantes des aires appropriées sont prédites pour 50% des espèces et quatre espèces ont été identifiées comme très vulnérables à l’extinction. Des réductions drastiques sont pronostiquées dans le futur pour les aires riches en espèces, avec une variabilité considérable entre les années et les scénarios de dispersion. Des taux élevés de Turnover de la composition spécifique ont été prédits pour l’Est du Maroc, contre de faibles valeurs au niveau de la côte atlantique nord et des montagnes. La richesse spécifique pour les conditions actuelles et futures était significativement liée à l’altitude et la latitude des AP.

Les AP localisées dans les montagnes et/ou sur la côte nord atlantique ont été identifiées comme refuges, où le suivi des populations et la mise en place de programme de conservation sont nécessaires.